Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

ON REFAIT L'EXPO ...

Les COULEURS de "La DESSERTE" de MATISSE

Les COULEURS de "La DESSERTE" de MATISSE

 

"La desserte rouge" ou "rose" ou "bleue" ...

 

Mais de quelle couleur est/était cette fameuse "Desserte" ou "Harmonie" d'Henri MATISSE !!

 

Chef d’œuvre absolu exposé à Paris lors de l'exposition de la collection CHTCHOUKINE à la Fondation Louis Vuitton à Paris en  2017.

 

Les COULEURS de "La DESSERTE" de MATISSE

 

Revenons sur un certain nombre de textes qui traite du sujet de cette "Desserte" ou "Harmonie" ou "Chambre" alias "the Red Room" !

Le fameux tableau lors de l'exposition à la FLV en 2017
Le fameux tableau lors de l'exposition à la FLV en 2017Le fameux tableau lors de l'exposition à la FLV en 2017
Le fameux tableau lors de l'exposition à la FLV en 2017Le fameux tableau lors de l'exposition à la FLV en 2017

Le fameux tableau lors de l'exposition à la FLV en 2017

 

Je commence par l'extrait du livre "Henri Matisse" de Volkmar Essers de la collection TASCHEN

 

Les COULEURS de "La DESSERTE" de MATISSE
Les COULEURS de "La DESSERTE" de MATISSELes COULEURS de "La DESSERTE" de MATISSE

 

« Connaissant enfin la notoriété et l’aisance matérielle, Matisse
quitta le quai Saint-Michel en 1909 pour s’installer à Issy-les-
Moulineaux, où il acheta une maison et fit construire l’atelier dans
lequel il créa nombre de ses œuvres principales. Et en faisant
visiter à son père sa nouvelle maison, entourée d’un grand jardin
agrémenté d’un bassin, d’un parterre de fleurs et d’un boqueteau,
il pensait à présent pouvoir le rassurer sur son avenir.
Le collectionneur russe S. Chtchoukine qui, dès 1908, avait
commencé à acquérir des œuvres de Matisse, acheta une toile
qui fut exposée au Salon d’automne sous le titre Harmonie bleue,
Décoration pour une salle à manger
.
Elle fut tout d’abord peinte

en « harmonie verte » et lorsqu’il l’eut en 1909, Chtchoukine fut
surpris de la voir transformée en Harmonie rouge (pl. p. 27).
Matisse avait en effet modifié la couleur du tableau, car en étant
vert, ce dernier n’offrait pas suffisamment de contraste avec le
paysage printanier visible depuis la fenêtre. A côté de la toile de
Jouy du mur et de la nappe, le bleu ne donnait pas l’impression
d’une teinte abstraite, puisque c’était effectivement la couleur de
l’étoffe utilisée. Seul le rouge excluait tout autre ton naturel. Bien
que le dessin du tableau suive les règles de la perspective, la
luminosité dominante du tissu rouge et de ses motifs bleus, qui
couvre à la fois la table et le mur, réduit tous les plans en une
surface. Avec la vue de la fenêtre, Matisse reprend un thème
fréquent de l’art depuis la renaissance et du début à la fin de sa
création lui consacrera un grand nombre de ses œuvres
principales. La même forme rectangulaire caractérise le tableau
et la fenêtre, et très souvent l’on ne peut, dans ses compositions,
les différencier au premier regard. Quant à la servante, elle
s’occupe de la table avec des gestes tout empreints de
cérémonie.

Avec La desserte rouge (Harmonie rouge), Matisse a transposé
dans le style décoratif son tableau de 1897, influencé par
l’impressionnisme. Il a utilisé le même thème : la servante, qui se
tient également à droite, place les objets sur la table ; elle dispose
vaisselle, carafes, fruits et dresse le surtout de table contenant
fleurs et fruits. Dans La Table servie de 1897, celle-ci richement
apprêtée se perd dans la profondeur de la pièce. Telle une
artiste, la servante apparaît comme la créatrice soigneuse de son
intérieur. Dans Harmonie rouge, elle est par contre réduite à
une mince silhouette dont les gestes des mains et l’inclinaison de
la tête suivent le rythme ornemental du mur et de la nappe.
En 1909 Chtchoukine passe une nouvelle commande à Matisse :
deux grandes décorations intitulées La Danse et La Musique. Le
dessin préparatoire de La Danse lui avait plu en raison de sa
« noblesse ». Les deux versions – l’esquisse conservée au Museum
of Modern Art de New York (pl. p. 28) et la composition définitive

à l’Ermitage de Leningrad* (pl. p. 30-31) se distinguent par
l’intensité des couleurs : rouge, bleu outremer et vert émeraude au
lieu de rose, bleu ciel et vert Véronèse. Les teintes choisies pour
La Danse et La Musique se trouvent également sur les
céramiques et les miniatures persanes parmi lesquelles -
jusqu’au XIIIe siècle encore – de nombreux exemples sont
recouverts, dans leur ornementation, des tons purs du bleu, du
vert et du rouge.

 

 

* ndr : ancien nom de Saint-Petersbourg
 

Les COULEURS de "La DESSERTE" de MATISSE

 

Je poursuis avec l'extrait du libre d'Aragon "Henri Matisse Roman"
 

 

 

Chapitre « Ce jour d’avant après » 28 et 29 février 1968  


 

Inédit bissextile [en 1971]

Les COULEURS de "La DESSERTE" de MATISSE
Les COULEURS de "La DESSERTE" de MATISSE
Les COULEURS de "La DESSERTE" de MATISSE

Juste à la veille de ce départ, j’avais reçu un mot de
Matisse. Il voulait me présenter sa ménagerie, la
troupe, comment dire, la compagnie des objets plus ou
moins rassemblés pour moi, qui ont joué toutes ses
pièces pendant des années et des années, il y en a de
l’autre guerre, il m’appelait, vous comprenez, devant
les personnages de son roman, de son roman à lui qui
commence chez Gustave Moreau, se nourrit d’abord
d’ombres, pour un beau jour flamber de toutes les cou-

leurs, inventer la couleur à plat, ce baroque de La
Desserte1
ou de la première Danse, pour peu à peu,
avec toute la maturation de la vie, une curiosité des
êtres, devenir cette grande fête calme, éclatante, une
sorte de défi aux choses telles qu’elles sont, pour les
jeter au brasier de la couleur, à ces immenses toiles
rouges, parfois petites, toujours immenses, où rien n’a
sa couleur, mais la couleur de Matisse, son œil. Juste
à la veille de ce départ, il avait voulu me présenter aux
comédiens, aux personnages du roman. J’y rêvais le
matin, allant chercher la fressure sans tickets, tout à
l’heure on me présente à la cour… j’y rêvais. Et puis
les Saltimbanques sont venus, avec des mulets et des
chariots, de petits canons piteux, tout ça qui faisait
hoc-hoc sur les pavés, dans les œillets tombés du mar-
ché aux fleurs… Plus question.
Ce livre venait de s’interrompre. Une fois de plus. Ou
une fois d’avant les autres. Le désordre, le désordre ! Et
puis ce n’est pas comme ça qu’on racontera l’histoire.

Mon Dieu, ce qu’on a eu froid aux pieds ! Le jour s’était
levé tout à fait gris, sur la terre gelée, mal peinte, trop
brillante.

...

 

1 La première Desserte est de
1897, la seconde de 1908, la
première Danse de 1909 (elle
est au musée de Philadelphie,
c’est l’esquisse du tableau de
1910 qui est à Moscou). La
Desserte
rose de 1908 avait
d’abord été bleue.
C’est sur la
version bleue qu’elle a été
peinte comme des traces de
couleur permettent de le véri-
fier
sur la toile de l’Ermitage ici
reproduite.

"La desserte (Harmonie rouge, La Chambre rouge)" printemps-été 1908 (Musée de l'Ermitage, Saint-Petersbourg) et "La Danse" 1909-1910 (Musée de l'Ermitage, Saint-Petersbourg)
"La desserte (Harmonie rouge, La Chambre rouge)" printemps-été 1908 (Musée de l'Ermitage, Saint-Petersbourg) et "La Danse" 1909-1910 (Musée de l'Ermitage, Saint-Petersbourg)

"La desserte (Harmonie rouge, La Chambre rouge)" printemps-été 1908 (Musée de l'Ermitage, Saint-Petersbourg) et "La Danse" 1909-1910 (Musée de l'Ermitage, Saint-Petersbourg)

 

Je finis avec le dossier de presse de l'expo Chtchoukine à la Fondation Vuitton

 

 

"Nature morte camaïeu bleu" fin 1908-début 1909 (Ermitage) et "L’Atelier du peintre (L’Atelier rose)", 1911 (Pouchkine)
"Nature morte camaïeu bleu" fin 1908-début 1909 (Ermitage) et "L’Atelier du peintre (L’Atelier rose)", 1911 (Pouchkine)

"Nature morte camaïeu bleu" fin 1908-début 1909 (Ermitage) et "L’Atelier du peintre (L’Atelier rose)", 1911 (Pouchkine)

 

Salle 8


LE SALON ROSE
HENRI MATISSE

 


Le palais Troubetskoï peut être considéré comme le lieu d’élection de l’art de Matisse, dont la collection compta ainsi jusqu’à trente-huit œuvres. En 1914, depuis l’escalier, après avoir subi le choc chromatique des panneaux monumentaux de "La Danse" et de "La Musique", on débouche sur l’antichambre où sont réunies les trois grandes compositions de "La Desserte (Harmonie rouge, La Chambre rouge)" (1908), "L’Atelier du peintre (L’Atelier rose)" (1911) et "Portrait de la famille du peintre" (1911).

Puis le parcours mène le visiteur à travers le Salon de musique jusqu’au Salon rose, exclusivement consacré à Matisse à partir de 1911. Dans ce salon aux décors baroques traversés par le vol des oiseaux de paradis et l’entrelacs des rinceaux et guirlandes éclosent les peintures dans une splendeur toute végétale. C’est au sein de cette « orangerie » artificielle que Matisse séjourna au cœur de l’hiver russe 1911, effectuant l’installation de ses toiles et projetant la réalisation de nouvelles œuvres.


Tout à côté, dans la salle à manger, est accrochée une composition bleu vif de trois toiles de Matisse : "La Conversation" au centre, "Les Capucines à « La Danse II »" et "Coin d’atelier" de part et d’autre (toutes les trois de 1912). Enfin, à l’issue de ce périple matissien dont le palais se donne comme la révélation méthodique, les plus intimes parmi les visiteurs peuvent avoir accès à la chambre du maître, dont le dressing-room héberge "Le Café arabe" (1913). Ainsi, la visite de la Galerie Chtchoukine se confond avec la présentation de l’œuvre de Matisse de la période 1900-1914, et expose avec insistance la place d’exception qu’elle tient, tant dans la collection que dans l’esprit du maître des lieux.


Les toiles réunies ici évoquent ce parcours majeur avec les séquences des natures mortes postfauves (1908-1909), les grands panneaux décoratifs (1911-1912), les peintures marocaines (1912-1913), pour se conclure sur les toiles choisies par S. I. Chtchoukine à l’atelier du peintre à l’été 1914. La Première Guerre mondiale empêchera seule l’arrivée des œuvres à Moscou : "Femme sur un tabouret (Germaine Raynal)" et "Intérieur, bocal de poissons rouges".

 

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article