Quelle belle année 1971 - les albums d'AOÛT !

Publié le 25 Août 2021

Quelle belle année 1971 - les albums d'AOÛT !

Le mois d'août de cette année 2021 n'est pas très chaud (en France car ailleurs, c'est la canicule) et je ne sais plus comment s'est passé celui de 1971 mais musicalement, il a été très très chaud, avec 4 albums au dessus du lot !!

Ce mois-ci fait la part belle aux groupes en tout genre, 2 "vrais" groupes que sont les stars des BEACH BOYS et des WHO et 2 autres groupes emmenés par des leaders (et guitaristes) charismatiques  que sont Frank ZAPPA avec les Mothers et John McLAUGHLIN pour le Mahavishnu Orchestra.

ZAPPA est un excentrique, un ovni musical, et accessoirement un de mes chouchous of all time !!
C'est un touche-à-tout et un virtuose de la guitare. En 1971, il a déjà sorti une dizaine d'albums en quelques années, et il a un projet de film qu'il est en train de réaliser, appelé "200 motels", loufoque à souhait (avec en guest-star, Keith Moon, le batteur des ... WHO). Entre 2 projets, il a le temps de monter une série de concerts au Fillmore de New-York, et c'est cette bande-son que l'on retrouve ici, avec beaucoup de parties parlées par le duo de chanteurs Howard Kaylan et Mark Volman et des parties musicales millimétrées par son groupe The MOTHERS.

Autre guitariste virtuose, John McLAUGHLIN vient de monter son nouveau groupe de rock fusion, le MAHAVISHNU ORCHESTRA et ce premier album "The Inner Mounting Flame" sort à la mi-août. Entre jazz et rock, cette musique instrumentale est haute en énergie et McLaughlin et ses musiciens nous montrent tous les talents de virtuose. Ce premier opus restera comme leur meilleur avant que John aille s'amuser avec un autre grand guitariste, appelé Carlos SANTANA (dont on reparlera très rapidement) !

Les 4 membres des WHO sont au sommet de leur renommée en 1971 après 4 fantastiques albums, dont le fameux opéra-rock "Tommy" et un double live d'anthologie, "Live At Leeds" sorti l'année précédente. Mais cette fois, ils vont encore plus loin avec ce "Who's Next" énorme qui restera leur meilleur album dans une liste bien fournie. La révolution rock est en marche avec les compositions de Pete TOWNSHEND et ses fameuses intros au synthé dans les morceaux comme "Baba O'Riley" et "Won't Get Fooled Again" qui resteront à jamais gravés dans l'histoire du rock !

Les BEACH BOYS avec les frères Wilson sont rentrés dans l'histoire de la surf music depuis longtemps avec leurs albums au début des années 60. Ils ont atteint les sommets des charts avec leur album "Pet Sounds" de 1966 et le fameux "Good Vibrations" de 67. Leurs albums du début des années 70 sont moins connus et pourtant ils recèlent des pépites énormes et ce "Surf's Up" de 71 est ni plus ni moins qu'un chef d’œuvre. Le leader et grand frère Brian est un peu en retrait, ce qui permet aux autres membres de se mettre en avant chacun leur tour dans des compositions hétéroclites et très mélodiques. Mais le génie de Brian finit par transparaître en fin d'album avec 3 comètes musicales de haut facture.

 

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Août (4)

  • Fillmore East – June 1971 est un album live de Frank ZAPPA and The Mothers of Invention, sorti le 2 août 1971.
  • The Inner Mounting Flame est le premier album du MAHAVISHNU ORCHESTRA sorti le 14 août 1971
  • Who's Next est le cinquième album studio du groupe de rock britannique The WHO, sorti le 14 .
  • Surf's Up, sorti le 30 août 1971, est le dix septième album studio du groupe de rock américain The BEACH BOYS.
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Frank ZAPPA and The Mothers of Invention "Fillmore East - June 1971"

Quelle belle année 1971 - les albums d'AOÛT !
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Frank ZAPPA est un artiste prolifique, il l'a toujours été, et dès le début de sa carrière.
Il sort son premier album (qui est le premier double album studio de l'histoire) appelé "Freak Out" en 1966 avec son groupe "The Mothers of Invention". Puis il enchaine un album en 67, 3 en 68, 3 autres en 69 et encore 3 en 1970. Donc en 1971, cet album live "Fillmore East - June 1971" est son 12ème album en moins de 5 ans. Et ça continuera longtemps comme cela !!

Donc pour ce "Fillmore East - June 1971", Zappa a réuni une nouvelle version des Mothers of Invention ou MOI, appelé simplement ici "The Mothers". Zappa change souvent de line-up et cette fois, il crée un septet et recrute le duo de chanteurs Howard Kaylan et Mark Volman, des ex du groupe The Turtles. FZ veut renforcer le potentiel vocal de sa musique très instrumental. Le duo émet l'idée d'introduire dans le répertoire du groupe des sketches parlés, inspirés soit par des faits de société, soit par des histoires personnelles, selon leur humeur. Le show plonge alors directement dans une saga à la fois rock, surtout avec l'omniprésence en solo de Zappa, et humoristique, parodique ou sarcastique avec les sketches de Volman/Kaylan.

Le groupe tourne ensemble en 1970 et lorsqu'ils arrivent au Fillmore East de New-York pour 2 shows, les 5 et 6 juin, leur show est devenu un concept spectacle réglé au millimètre, que ce soient les chorus ou les passages dialogués et théâtraux.

Le disque sort rapidement après ces 2 dates, en août donc, et il reflète bien l'ambiance énorme sur scène où le groupe prend toute sa dimension. L'album propose une palette représentative du répertoire scénique des Mothers. Les excellentes reprises de "Peaches En Regalia" et "Little House I Used To Live In" témoignent de la valeur orchestrale, "Willie The Pimp" de celle, roborative, des chorus de Zappa et l'inédit "Lonesome Electric Turkey", fruit de l'imagination de Don Preston, de celle d'univers sonores originaux.

Pourtant, ce qui marque le plus, ce sont toujours les textes et le rapport avec le public.
"Latex Solar Beef" est une chanson sur les hémorroïdes et parodie en final "See Me, Feel Me", un passage fameux de l'opéra rock des WHO (tiens, tiens) "Tommy". "What Kind Of Girl Do You Think We Are?" est une blague contre le star-system et "Bwana Dik" dénote un goût obsessionnel pour la sexualité à tendance crue et auto-parodique.

Pour finir, la pochette dessinée comme toujours par Carl Schenkel est très minimaliste sur la demande de Zappa car, devant la recrudescence d'enregistrements pirates (les fameux bootlegs) consacrés aux Mothers, il a décidé d'adopter le même type de graphisme très épuré [Cover by Cal Schenkel (he made me do it)].

Je pourrais parler de Zappa et de sa musique pendant des heures, j'ai même l'ambition (inavouée) de rédiger des articles sur la carrière de FZ, qu'on pourrait appeler "Zappa, de Z à A", en listant par ordre alphabétique inverse tout ce qui touche à l'univers de Zappa. Je ne me suis pas encore lancé dans l'aventure mais peut-être que je ferai quelques pages dans ce blog "Broken Linka" un de ces jours, qui sait !
Si c'est le cas, cet article sur "Fillmore" ressortira en lettre "F" dans ... 10 ans environ ;)

PS : pour info, une bonne partie des textes ci-dessus est extraite du livre "Frank Zappa - Chronique discographique" de Christophe Delbrouck.

"Call Any Vegetable" ci-dessus se retrouvera sur l'album live suivant en 1972 appelé "Just Another Band From L.A." avec quasiment le même groupe.

Entre temps, Zappa sortira le double "200 Motels", bande-son déjantée du non moins frappadingue film du même nom !

Couv' de 200 Motels et photos de Keith Moon en nonne dans le film !
Couv' de 200 Motels et photos de Keith Moon en nonne dans le film !Couv' de 200 Motels et photos de Keith Moon en nonne dans le film !

Couv' de 200 Motels et photos de Keith Moon en nonne dans le film !

Si vous en voulez encore plus sur les exploits de cette formation des Mothers, vous pouvez aller jeter une oreille sur le coffret "The Mothers 1970" sorti l'année dernière en 2020.

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MAHAVISHNU ORCHESTRA "The Inner Mounting Flame"

Quelle belle année 1971 - les albums d'AOÛT !

Après le guitariste Zappa, voici un autre grand guitariste, John McLAUGHLIN, que, je l'avoue tout de suite, je connais beaucoup moins bien que FZ. Je me suis donc intéressé à cet artiste et à sa musique, ce que j'adore faire.

J'ai donc découvert que John a été ... découvert par ... Miles DAVIS, rien que çà et qu'il a participé aux albums du maître du jazz que sont les chefs d’œuvre "In A Silent Way" en 1969 et "Bitches Brew" en 1970 ! Ce qui fait de lui l'un des pionniers du jazz rock !

Entre temps, il a joué avec un certain Jimi HENDRIX en 1969, c'est dire le niveau du gars (ce dont je ne doutais pas).

Il a déjà sorti quelque albums en solo quand il fonde le groupe MAHAVISHNU ORCHESTRA aux débuts des années 70. Il se fera d'ailleurs appelé MAHAVISHNU JOHN McLAUGHLIN par la suite et notamment quand il jouera avec Carlos SANTANA sur l'album "Love Devotion Surrender" en hommage à John COLTRANE en 1972.

Le groupe sort en 1971 ce premier album "The Inner Mounting Flame" de toute beauté qui reste leur chef d’œuvre et meilleur album (encore un pour cette fameuse année 1971).

La musique instrumentale plus rock que jazz des 5 musiciens est très énergique et les solos s'enchaînent à tour de bras, entre la guitare de McLaughlin, le violon de Jerry Goodman et l'orgue de Jan Hammer. La section rythmique est aussi au top.

Les 8 morceaux, tous assez longs, s'enchainent à merveille, alternant titres au tempo rythmé et plus lent.

L'introduction avec "Meeting of the Spirits" est déjà un sommet du disque où McLaughlin fait briller sa guitare. La première face se termine avec le sublime "A Lotus on Irish Streams" tout en douceur.

La seconde face est du même acabit, des chansons longues ponctuées de solo de chacun des musiciens, "You Know, You Know" étant au dessus du lot.

John McLaughlin est toujours en activité et vient justement de sortir un très bel album en 2021 intitulé "Liberation Time".

THE WHO "Who's Next"

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Une fois n'est pas coutume, commençons par la pochette de ce "Who's Next" des WHO.

Quelle horreur, non ? On la connait tellement bien qu'on ne fait plus cas mais quand même, tout y est moche. On se demande où ils ont pu trouver ce désert de pierre affreux, et que dire de ce mégalithe de béton. Mais c'est quoi ce truc ??
Et bien sûr, les 4 gars du groupe n'ont rien trouvé de mieux que de "pisser" dessus, et hop, ils sont en train de remonter leur braguette et tout et tout ... Keith Moon en premier évidemment hahaha ...

Il y a des groupes comme ça, plus la pochette est moche et plus le disque est bon !
Et THE WHO en fait évidemment parti. Rappelez-vous de l'album "Sell Out", la pochette beuuurkkk, la musique superbe !!

Alors ce "Who's Next" ? Et bien, il est ... énorme, le sommet d'une carrière déjà bien remplie !!!!!

C'est le cinquième album studio du groupe qui est développé à partir du projet avorté "Lifehouse", un opéra-rock écrit par Pete Towshend, dans le prolongement de l'album "Tommy" sorti en 1969. Le projet est annulé en raison de sa complexité et d'un conflit avec leur manager des Who. Le groupe récupère plusieurs chansons de ce "Lifehouse" et ça donne ce brûlot appelée "Who's Next".

9 chansons totalement géniales emmenées par une "Baba O'Riley" démentielle en introduction, iconique avec son intro au synthé, puis la batterie de Moon, la basse d'Entwistle et enfin, la voix de Daltrey. Le son est juste énorme, novateur pour l'époque.

Le disque se conclut sur le non moins génial "Won't Get Fooled Again", dans le même style prouvant tout le génie créatif de Pete Towshend.

Entre temps, on va trouver plusieurs balades magnifiques, et les sommets sont encore atteints avec "Behind Blue Eyes" où la voix de Daltrey est d'une beauté et d'une pureté à couper le souffle.

Les autres chansons sont peut-être moins connues mais tout aussi magnifiques dont la jolie "My Wife" du bassiste John Entwistle, la seule qui n'est pas signée par Townshend.

A la réécoute, ce disque est toujours aussi fabuleux, le son est toujours aussi énorme et la producteur d'actualités; en résumé, il n'a pas pris une ride !

THE BEACH BOYS "Surf's Up"

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La musique des anges pour finir !

C'est comme cela qu'on peut appeler certaines chansons des BEACH BOYS sur ce "Surf's Up" de haute volée !

Pas le plus connu des gars de la plage mais la série d'albums "Sunflower", "Surf's Up" et "Carl and the Passions, So Tough" de 1970, 71 et 72 est restée dans les annales.

Les BEACH BOYS sont des super stars eux aussi en 1971. Ils ont déjà eu plusieurs vies et un bon paquet d'albums. Ils sont considérés comme un groupe vocal jouant de la "surf music" malgré qu'à part Dennis Wilson (l'un des 3 frangins du groupe), aucun ne fait du surf. Mais originaire de Californie et avec des premiers albums appelés "Surfin' Safari", "Surfin' USA", "Surfer Girl",  le nom de "surf music" leur colle à la peau. Le leader et génial Brian Wilson a fait évoluer la musique des BB au cours des années 60 avec l'album "Pet Sounds" en 66 puis la chanson "Good Vibrations" en 67. 
Puis c'est à ce moment-là que ça a foiré (au moins dans la tête de Brian) pendant l'enregistrement de l'album "Smile" qui ne sortira jamais (finalement Brian en fera une version en 2004) et surtout pendant la chanson "Fire" (un des quatre éléments) dont l'enregistrement sera suivi de l'incendie d'un immeuble du voisinage quelques jours plus tard ! Il n'en fallait pas plus pour que Brian y voit un signe de Dieu, et aidé par les drogues, il 'pète un câble'. On dira qu'il est devenu fou ... (je la fais courte, il y a pleins de littérature sur le sujet).

Donc au début des années 70, Brian est un peu (beaucoup) en retrait et c'est surtout son frère Carl qui a pris le lead du groupe. Il est bien épaulé par Mike Love et Al Jardine et quelques autres, et sur ce "Surf's Up", tout ce petit monde y va de son titre ! Et l'ensemble est jouissif à souhait.

Une des particularités du groupe est que chacun compose et chante ses chansons, plus ou moins aidés des autres voix. Le plus difficile est de savoir qui chante, en fait !

L'album est composé de 10 titres, 5 sur chaque face et cela commence fort avec un titre de Love/Jardine nommé "Don't Go Near the Water". C'est du Beach Boys tout classique et qu'est-ce que c'est beau !
Ca continue fort avec "Long Promised Road" de Carl aidé de Jack Rieley, lesquels signeront également le premier titre de la seconde face avec "Feel Flows", tous les 2 magnifiques.

On trouve un autre chef d’œuvre sur cette première face, avec le "Disney Girls (1957)" de Bruce Johnston (qui a rejoint les BB à partir de 1965). Cette petite merveille, comme ça en plein milieu de cet album, est considéré par certains fans comme leur chanson préférée parmi les centaines de chansons de BB, rien que ça. Ecoutez-le siffler tranquille en fin de chanson, la coolitude réincarnée !

Finalement, les 2 autres frères Wilson sont mis un peu à l'écart, surtout Dennis, le batteur, qui ne compose ni ne chante aucun titre sur l'album (ces chansons ont été écartées, soit-disant pour le bien du groupe sic).

De son côté, Brian se fait discret jusqu'à la fin du disque où il signe in extremis les 3 derniers titres. Et quels titres !!

Le premier s'appelle "A Day in the Life of a Tree", avec un texte écologique suite à la prise de conscience de Brian sur l'état de la planète. N'aurait-il pas été également inspiré par la chanson "A Day in the Life" des BEATLES sur l'album "Sgt Pepper" de 1966 qui a tant marqué Brian Wilson !

La seconde, "'Til I Die", est une jolie comptine brianwilsonnienne à souhait, avec beaucoup d'harmonies vocales. Le jeu dans les chansons des BB est de deviner quel est l'ordre des chanteurs, ici ce sont Carl, Brian puis Mike Love.

Enfin, l'album se termine par la sublime chanson qui donne son titre à l'album.
Ce"Surf's Up" est juste fantastique, à la base une chanson du fameux album "Smile" non publié de 1967. Cette fois, les chanteurs sont Carl, Brian puis Al Jardine.
Cette mini symphonie de 4 minutes conclut de la plus belle des manières ce fabuleux disque !

L'histoire de la chanson "Surf's Up" !!

Comme on l'a dit, cette chanson est issue des fameuses sessions de 1966/1967 de l'album 'perdu' "Smile". Plusieurs chansons se retrouvent évidemment dans l'album "Smiley Smile" de 67 mais pas toutes. Dont ce "Surf's Up" dont l'enregistrement n'a pas été terminé par Brian lors de ses sessions.

Finalement, le titre apparait dans cet album de 1971, Brian ayant trouvé la force et l'envie de finaliser l'enregistrement.

Ci-dessous, quelques vidéos de cette chanson, et pour commencer, la performance de Brian, seul au piano, lors de l'émission TV sur CBS "Inside Pop: The Rock Revolution" le 25 avril 1967.
Puis d'autres versions et reprises de ce chef d’œuvre intemporel !

 

Brian, seul au piano, le 25 avril 1967 lors de l'émission TV de CBS "Inside Pop: The Rock Revolution"

Rédigé par Franck Soutgall

Publié dans #1971, #Music

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