Quelle belle année 1971 - WHO'S NEXT des WHO !

Publié le 31 Août 2021

Quelle belle année 1971 - WHO'S NEXT des WHO !

Quelle belle et grande année que 1971, avec, encore, plusieurs albums énormes ce mois-ci.

J'aurais pu choisir le "Surf's Up" des BEACH BOYS et d'ailleurs un coffret sur les sessions des albums

"Sunflower" et "Surf's Up" sort en ce moment.

 

 

 

 

 

 

 

Finalement mon choix se tourne vers cet album sorti à la mi-août, cet ovni appelé "Who's Next" du groupe THE WHO !!

Commençons par la chronique de Xavier BONNET dans le Rock & Folk HS n°34.

 

Quelle belle année 1971 - WHO'S NEXT des WHO !
Quelle belle année 1971 - WHO'S NEXT des WHO !Quelle belle année 1971 - WHO'S NEXT des WHO !

1971, le réveil. Gueule de bois carabinée. L’heure des comptes, des prises de conscience obligées. Woodstock, Wight, loin tout ça, très loin. Paul, John, George et Ringo qui déboussolent pour de bon une Angleterre soudain orpheline de ses quatre points cardinaux. Jimi, Janis et Jim, la trilogie évanescente, tombée au champ d’honneur, sacrifiée sur l’autel du tout pour le tout. D’ailleurs, avec sa pesanteur qui n’a rien de gratuit et sa colère crachée à la gueule du monde, ce « Won’t Get Fooled Again » que l’on va se passer, se repasser, sur lequel on va se poser, se reposer, dit-il autre chose ? Ne plus se laisser avoir … Time of innocence ? Definitely over. S’imposer ou imploser, mûrir ou mourir… Oser un ultime A qui le tour ? sarcastique et grinçant, pour mieux trancher les liens avec cet hier-laboratoire, mais en garder la quintessence… Tommy aussi a plié bagages. A quoi bon tenter de le retenir à travers « Lifehouse », projet grandiloquent qui mêlait un peu benoîtement réflexions sur le monde, la jeunesse et l’avenir du rock ? Et puis, d’abord, où va-t-il le monde ? Et avec lui, le rock ? Tant qu’à balancer un pavé dans la mare, celui-ci ne se doit-il pas d’être compact, dense à en défier les lois de la gravité… ? Pour peu que l’on se montre patient, il sera toujours temps demain de se rattraper, de voir à nouveau les choses en grand, de parler de quadriphonie… Mais, pour l’heure, il convient donc avant tout de canaliser, de rentabiliser cette rage si généreusement dispensée jusqu’ici, de Leeds au Fillmore East. Le rock est aux abois ? La pop se mord la queue ? Le blues est encore sous respiration artificielle, malgré ce british boom que l’on disait revivifiant ? Que l’on compte sur nous pour y remédier, à notre façon. Des coups de fouet, on va leur en fournir. Vont comprendre leur douleur. Quitte, pour ce faire, à s’en bousiller les cordes vocales, se démonter l’épaule en attaquant chacun des riffs, faire rougeoyer les fûts jusqu’à en décrocher la … Lune, laisser piano et orgue occuper le terrain impunément, obliger « My Wife » à récurer les cuivres, voire, pourquoi pas, emprunter des chemins de traverse, comme cette furtive redécouverte de l’Orient aux détours d’un « Baba O’Riley ». Reprendre l’initiative, quoi. Et toujours avec le même leitmotiv en ligne de mire : ne plus se faire baiser. Xavier BONNET

Quelle belle année 1971 - WHO'S NEXT des WHO !

"Who's Next"est le cinquième album studio du groupe de rock britannique The Who, sorti le 14 . Il est développé à partir du projet avorté Lifehouse, un opéra-rock écrit par le compositeur principal du groupe Pete Townshend, dans le prolongement de l'album Tommy sorti en 1969. Le projet est annulé en raison de sa complexité et d'un conflit avec Kit Lambert, le manager des Who, mais le groupe récupère plusieurs chansons, et les déconnecte du récit de science-fiction développé dans Lifehouse, pour en faire « leur prochain album ». Huit des neuf chansons de Who's Next sont extraites de Lifehouse, la seule exception étant My Wife écrit par le bassiste John Entwistle. En fin de compte, les morceaux restants de Lifehouse seront tous publiés sur d'autres albums au cours de la décennie suivante.

(source Wikipedia)

Quelle belle année 1971 - WHO'S NEXT des WHO !

J'ai déjà parlé de la "fameuse" pochette dans l'article sur les albums du mois d'août 1971, que, même Pete Townsend, trouve horrible et non appropriée !

Cette pochette est tellement inoubliable qu'elle a générée un certain nombre de détournements en tout genre que l'on voit fleurir sur le web !

En voici quelques exemples ci-dessous.

Quelle belle année 1971 - WHO'S NEXT des WHO !
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Quelle belle année 1971 - WHO'S NEXT des WHO !Quelle belle année 1971 - WHO'S NEXT des WHO !

La musique, la musique !!

A qui le tour ? Who's Next !

Xavier Bonnet écrit dans Rock & Folk "Tant qu’à balancer un pavé dans la mare, celui-ci ne se doit-il pas d’être compact, dense à en défier les lois de la gravité… ?", et bien, en voilà du compact et du dense.
9 chansons (après les 24 de "Tommy") d'une durée plutôt classique, entre 3 et 5 minutes en général (avec quelques exceptions), ce qui est nouveau pour les WHO.

La première face commence très fort avec cette "Baba O'Riley" d'anthologie et son intro démoniaque au synthé puis piano.
5 minutes de bonheur rock 'n' roll !

Puis "Bargain" arrive, un classique des WHO, petite intro acoustique tout en douceur, puis claquement de tambours et c'est parti, voix et guitares, ça swingue un max.
Le son est énorme sur ce disque, très moderne pour le début des années 60, la batterie de Keith Moon est très en avant ainsi que la voix de Roger Daltrey. De toute beauté !

Ça continue en douceur avec "Love Ain't For Keeping", jolie ballade acoustique où la voix de Daltrey est magnifique. Pete Townshend, qui a écrit toutes les chansons (sauf la prochaine dans la liste) sait mettre ses camarades sur le devant de la scène et lui, donc, en (léger) retrait. Le tout est très cohérent.

"My Wife" est donc la seule chanson qui n'est pas de Townshend mais de John Entwistle le bassiste, qui chante également sur le titre. Daltrey sait aussi se mettre en retrait dans ce groupe de stars. Car ce qui est omniprésent dans toutes les chansons, c'est la batterie de l'autre fou de Keith Moon. Des cuivres font aussi leur apparition ici.

La face A se termine avec sa chanson la plus longue "The Song is Over".
Magnifique intro piano/guitare, joli tapis rouge pour la voix très pure de Daltrey. Puis la chanson s'accélère et devient un rock endiablé, du pure WHO ! Rien n'est vraiment fini ...

La 2ème face démarre avec les 2 "G", c'est-à-dire "Getting in Tune" et "Going Mobile" puis se conclut sur les 2 chefs d’œuvre que sont "Behind Blue Eyes" et "Won't Get Fooled Again"

Intro au piano, voix de cristal, cela redémarre sous les meilleurs auspices avec ce "Getting in Tune", on est bien avec les WHO version 1971.

"I'm singing this note 'cause it fits in well with the chords I'm playin" tu m'étonnes, en plein dans le mille !

Puis vient "Going Mobile" chantée par Pete Towshend cette fois-ci.
Jolie chanson joyeuse très acoustique avec de belles envolées lyriques et un solo de guitare énergique et pleins d'effets !

"Behind Blue Eyes" la belle, est une ballade magnifique avec une petite partie plus nerveuse vers la fin, emmenée par les fûts affutés de Keith qui ne peut se retenir ! Puis elle reprend l'intro pour conclure en toute beauté !

Enfin, arrive l'intro de folie de "Won't Get Fooled Again", si connue, si reprise dans les films notamment. 8 minutes 30 de pure folie rock 'n' roll où tout y passe. Après l'intro grandiose, le chant est magnifique, la guitare omniprésente (quel riff !), les breaks et la rythmique des Entwistle/Moon très en avant. Keith Moon était vraiment un batteur exceptionnel, il remplit les espaces d'une façon incroyable.

Puis sur la fin, ce dernier break, emmené par Keith évidemment et enfin .... ce cri ("à s’en bousiller les cordes vocales"), démentiel !!!!!!!

 

Et que dire des inédits qui sortiront largement plus tard dans les compilations et autres rééditions de ce disque mythique. Ces chansons laissées de côté prouvent la qualité de l'album et j'ai une petite préférence pour "Pure and Easy" qui porte si bien son nom. Et il y en a d'autres ...

Évidemment, cela va sans dire que ce groupe est connu pour être un groupe de scène où les musiciens montrent tout leur talent au service du groupe et de la musique. Cela se voit dans les nombreuses vidéos sur le web.
Ceux qui les ont vu sur scène ne sont pas prêts de les oublier 😄

Heureusement que leur adage "Hope I die before I get old" dans la chanson "My Generation" n'a pas été respecté (sauf pour l'un d'autres eux).

 

Rédigé par Franck Soutgall

Publié dans #1971, #Music

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